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Alimentation parentérale : des nutriments perfusés quand l’intestin ne suffit plus

Maëlys de Larozière 8 min de lecture
Alimentation parentérale : poche de nutrition et perfusion

Publié par : — Rédactrice spécialisée en nutrition

L’alimentation parentérale, aussi appelée nutrition parentérale, apporte directement dans le sang l’eau, l’énergie et les nutriments nécessaires. Elle est prescrite lorsque l’intestin ne peut pas être utilisé, fonctionne insuffisamment ou n’absorbe plus correctement les nutriments. Cette prise en charge est individualisée et encadrée par une équipe médicale, à l’hôpital comme à domicile.

Comprendre le principe et la place de l’alimentation parentérale

La nutrition parentérale contourne entièrement le tube digestif. Les nutriments sont perfusés par voie intraveineuse au moyen d’une poche stérile, d’une tubulure et, le plus souvent, d’une pompe volumétrique qui contrôle le débit. Elle peut compléter des apports alimentaires insuffisants ou couvrir la totalité des besoins. On parle alors de nutrition parentérale totale.

Quiz : comprendre l’alimentation parentérale

Répondez aux 6 questions. Une seule réponse est correcte par question.

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Ce quiz est informatif et ne remplace pas les informations données par l’équipe soignante.

Cette technique ne remplace pas systématiquement l’alimentation par la bouche. Lorsque le tube digestif reste fonctionnel, l’alimentation orale est privilégiée. Si manger est impossible, mais que l’intestin peut fonctionner, la nutrition entérale, administrée par sonde dans l’estomac ou l’intestin, est généralement préférée. La voie parentérale devient pertinente lorsque l’utilisation digestive est impossible, dangereuse ou insuffisante.

Mode d’apport Utilisation du tube digestif Voie d’administration Situation habituelle
Alimentation orale Oui Bouche Digestion et absorption possibles
Nutrition entérale Oui Sonde digestive Alimentation orale impossible ou insuffisante
Nutrition parentérale Non Veine périphérique ou centrale Intestin non fonctionnel, inaccessible ou insuffisant

Dans quelles situations est-elle indiquée ?

L’alimentation parentérale peut être nécessaire pendant une période courte ou prolongée. Elle est notamment envisagée en cas d’occlusion intestinale, de chirurgie digestive, de syndrome du grêle court, de troubles majeurs de l’absorption, de vomissements ou de diarrhées sévères. Elle peut aussi être utilisée lorsque la nutrition entérale ne couvre pas les besoins. Certains patients atteints de cancer, des enfants et des personnes souffrant de maladies digestives complexes peuvent également en bénéficier.

Avis officiel sur la nutrition parentérale à domicile — Découvrez l’avis de la HAS sur les catégories de préparations destinées à la nutrition parentérale à domicile.

Une décision fondée sur le bénéfice attendu

La prescription ne dépend pas seulement du diagnostic. L’équipe évalue la capacité réelle de l’intestin à absorber, l’état nutritionnel, la durée prévisible du soutien, l’état des veines, les pertes digestives, les besoins hydriques et les résultats biologiques. L’objectif est de corriger ou de prévenir la dénutrition sans exposer inutilement le patient aux risques liés au cathéter et à la perfusion.

Le point décisif est la possibilité de reprendre, même partiellement, les apports digestifs. Lorsque l’intestin recommence à fonctionner, l’équipe peut réévaluer la part de nutrition parentérale et son évolution. La technique n’est donc pas toujours définitive. Elle peut servir de pont thérapeutique pour maintenir l’état nutritionnel pendant la récupération digestive.

Poches, nutriments et accès veineux : ce qui change la prise en charge

Une poche de nutrition parentérale contient une combinaison adaptée aux besoins du patient : eau, glucides sous forme de dextrose, acides aminés pour les protéines, lipides, électrolytes, vitamines, minéraux et oligo-éléments. Les préparations peuvent être standardisées ou individualisées. Leur composition est ajustée selon le poids, l’âge, la maladie, la fonction rénale ou hépatique, les pertes et les analyses sanguines.

Les besoins en eau et en nutriments ne sont pas identiques d’une personne à l’autre. La quantité perfusée et les électrolytes sont donc réévalués selon l’état clinique et les résultats biologiques. Toute modification de la poche doit suivre la prescription et le protocole prévus, car l’ajout de certains éléments peut modifier la stabilité de la préparation.

Voie périphérique ou voie centrale

Le choix du cathéter dépend notamment de la durée prévue et de l’osmolarité, c’est-à-dire de la concentration de la solution. Une nutrition parentérale périphérique peut être administrée par une veine du bras pour une courte durée avec une solution d’osmolarité faible, habituellement inférieure ou égale à 900 mOsm/L. Au-delà de 900 mOsm/L, une voie centrale est nécessaire pour limiter le risque d’irritation veineuse et de thrombophlébite.

  • Cathéter court périphérique : plutôt adapté à une situation brève, souvent autour d’une semaine.
  • PICC line : cathéter central inséré depuis une veine du bras, utile lorsque le traitement doit durer plus longtemps.
  • Cathéter tunnellisé : tel qu’un Broviac, conçu pour des perfusions prolongées.
  • Chambre implantable : dispositif placé sous la peau, accessible avec une aiguille spécifique.

Ces dispositifs ne sont pas interchangeables. Leur pose, leur utilisation, le changement des pansements et la manipulation des raccords suivent le protocole transmis par l’équipe soignante. Le dispositif retenu tient compte de la durée du traitement, de la concentration de la solution et de l’état veineux.

Perfusion à domicile : une routine organisée, jamais improvisée

La nutrition parentérale à domicile permet à certaines personnes de poursuivre leur traitement hors de l’hôpital. Elle repose sur une coordination entre médecin, diététicien, pharmacien, infirmier, prestataire de santé à domicile, patient et aidant. Avant le retour, une formation présente le matériel, les gestes autorisés, les contacts utiles et les conduites à tenir en cas d’incident.

L’organisation comprend aussi le stockage des poches, la préparation du matériel, l’utilisation de la pompe et la surveillance du cathéter. Le patient ou l’aidant ne réalise que les gestes appris selon le protocole de l’équipe. Les soins, le branchement et le débranchement peuvent être assurés ou accompagnés par des professionnels selon la situation.

Conservation et vérifications avant la perfusion

Les poches doivent être conservées au réfrigérateur entre 2 °C et 8 °C, selon les consignes de délivrance. Une poche sortie du réfrigérateur est indiquée comme stable pendant 24 heures. Elle est habituellement sortie 4 à 8 heures avant le branchement pour revenir progressivement à température ambiante. En urgence, le délai minimal indiqué est de 2 heures. Il ne faut ni réchauffer activement une poche, ni utiliser une préparation présentant une fuite, un aspect inhabituel, une rupture d’emballage ou une date dépassée.

Avant toute manipulation, il faut vérifier l’identité, la date, l’intégrité de la poche, l’aspect de la solution et le matériel prévu. Le branchement et le débranchement se font avec une asepsie stricte : mains propres, surface dégagée, matériel stérile et désinfection conforme au protocole. La pompe règle le débit prescrit. Ce débit ne doit jamais être modifié de sa propre initiative.

Surveillance et signes qui imposent de contacter l’équipe soignante

La surveillance associe l’état clinique et les examens biologiques. Les soignants suivent notamment le poids, l’hydratation, la tolérance digestive éventuelle, la glycémie, les électrolytes, la fonction hépatique et l’état du cathéter. L’objectif glycémique mentionné est inférieur à 180 mg/dL, soit 10 mmol/L. Les modalités de contrôle et les éventuels ajustements d’insuline relèvent strictement de l’équipe médicale.

Les complications possibles comprennent l’infection liée au cathéter, la thrombose, l’obstruction ou le déplacement du dispositif, l’hyperglycémie, les déséquilibres électrolytiques, une surcharge hydrique et, sur la durée, des complications hépatiques telles qu’une stéatose. Le risque ne doit pas conduire à interrompre un traitement nécessaire sans avis médical. Il justifie une surveillance rigoureuse et des gestes standardisés.

Réagir sans attendre en cas d’alerte

Une fièvre, des frissons, un malaise pendant la perfusion, une douleur, une rougeur, un gonflement ou un écoulement au niveau du cathéter nécessitent un contact médical rapide. Il en va de même en cas de fuite de poche, de dommage visible sur la tubulure, d’alarme persistante de la pompe, de panne du réfrigérateur ou de rupture de la chaîne du froid.

Il ne faut pas tenter de réparer un cathéter, de rebrancher un dispositif endommagé ou de compenser une perfusion interrompue sans consigne. En cas de doute, le patient ou l’aidant doit contacter l’équipe, le service ou le prestataire dont les coordonnées ont été communiquées lors de la formation.

Avec une formation adaptée, un environnement propre et un interlocuteur joignable, la nutrition parentérale à domicile peut s’intégrer à la vie quotidienne. La règle reste simple : toute modification du matériel, de la poche, du débit ou de l’état de santé doit être signalée à l’équipe qui suit le patient.

Maëlys de Larozière
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