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Santé & Bien-être

Le TAVI remplace la valve aortique sans ouvrir le thorax, selon le profil du patient

Maëlys de Larozière 8 min de lecture
TAVI cardio : cathéter et valve aortique en salle d’angiographie

Publié par : — Rédactrice spécialisée en santé & Bien-être

Le TAVI permet de remplacer une valve aortique devenue trop étroite, le plus souvent à cause d’un rétrécissement aortique calcifié. Dans de nombreux cas, la technique évite l’ouverture du thorax. Elle ne convient toutefois pas à tous les patients : les symptômes, l’état général, l’anatomie des artères et le risque opératoire orientent la décision.

Le TAVI, une nouvelle valve posée par cathéter

TAVI signifie Transcatheter Aortic Valve Implantation, ou implantation d’une valve aortique par cathéter. Le principe consiste à acheminer une bioprothèse valvulaire, c’est-à-dire une valve biologique fixée sur un treillis métallique, jusqu’au cœur. Une fois positionnée dans la valve malade, la prothèse est déployée et prend le relais de la valve aortique défaillante.

Quiz : comprendre le TAVI cardio

Testez vos connaissances sur la valve aortique et la procédure TAVI.

0 question sur 6 répondue Score : 0/6
Question 1Que signifie TAVI ?
Question 2Quel est le rôle principal de la valve aortique ?
Question 3Quels paramètres sont classiquement associés à une sténose aortique sévère ?
Question 4Quel est le rôle de l’équipe multidisciplinaire dans l’évaluation d’un TAVI ?
Question 5Quelle séquence décrit le mieux les grandes étapes d’une procédure TAVI ?
Question 6Laquelle de ces propositions correspond à une complication possible du TAVI ?

Quiz informatif : il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

La valve aortique se trouve à la sortie du ventricule gauche, la principale pompe du cœur. Lorsqu’elle s’ouvre mal, le sang circule plus difficilement vers l’aorte et l’ensemble de l’organisme. Le cœur doit alors fournir un effort croissant pour maintenir un débit sanguin suffisant.

Pourquoi le rétrécissement aortique peut devenir sérieux

Avec l’âge, la valve peut se calcifier, se rigidifier et perdre sa mobilité. Cette maladie, appelée rétrécissement aortique calcifié ou sténose aortique, peut rester discrète pendant longtemps. Elle peut ensuite provoquer un essoufflement à l’effort, une fatigue inhabituelle, des douleurs thoraciques, des malaises ou des syncopes. L’apparition de symptômes doit conduire à une évaluation médicale, car un rétrécissement sévère ne doit pas rester sans traitement.

L’échocardiographie permet notamment d’évaluer la surface de la valve et le gradient de pression entre le ventricule et l’aorte. Une surface valvulaire inférieure à 1 cm² et un gradient supérieur à 40 mmHg font partie des repères utilisés pour caractériser une sténose aortique sévère. Ces données sont toujours interprétées avec les symptômes et l’état général de la personne.

À qui le TAVI cardio peut-il être proposé ?

Le TAVI a d’abord été développé pour les personnes jugées inopérables ou exposées à un risque élevé lors d’une chirurgie à cœur ouvert. Il est aujourd’hui envisagé chez des profils plus variés, mais il ne remplace pas systématiquement l’opération conventionnelle. La décision repose sur une comparaison personnalisée des bénéfices et des risques.

Une décision construite en équipe

Le dossier est étudié lors d’une réunion multidisciplinaire réunissant habituellement cardiologues interventionnels, chirurgiens cardiaques, spécialistes de l’imagerie et anesthésistes-réanimateurs. L’équipe évalue la sévérité du rétrécissement, les autres maladies éventuelles, la fragilité, l’espérance de vie, l’autonomie et les souhaits du patient.

Un scanner est également essentiel pour analyser le diamètre et le trajet des artères, la forme de l’anneau aortique et la présence de calcifications. Il aide à choisir la taille de la prothèse et la voie d’accès la plus sûre. Une valve bicuspide, certaines anatomies complexes ou la nécessité d’une autre chirurgie cardiaque peuvent orienter vers une stratégie différente.

TAVI ou chirurgie ouverte : la comparaison utile

Point comparé TAVI Chirurgie de remplacement valvulaire
Accès au cœur Le plus souvent par cathéter, via l’artère fémorale Ouverture du thorax
Valve implantée Bioprothèse valvulaire Valve biologique ou mécanique selon le profil
Anesthésie Souvent locale avec sédation par voie fémorale Générale
Récupération Généralement plus rapide Convalescence habituellement plus longue
Choix de la technique Selon l’âge, le risque, les artères et l’anatomie Selon les mêmes critères et les gestes associés nécessaires

Le choix ne se résume pas à une solution légère face à une solution lourde. L’équipe prend en compte l’accès vasculaire, la prothèse, les coronaires, les traitements en cours et les priorités de vie du patient. Cette évaluation globale évite de retenir une technique qui semble plus simple, mais qui serait moins adaptée à long terme.

Les étapes d’une implantation par voie percutanée

La voie transfémorale, par l’artère fémorale au pli de l’aine, est la plus fréquente. Elle permet de faire progresser le cathéter dans les artères jusqu’à la valve aortique sans ouvrir le thorax. Lorsque cette voie n’est pas possible, par exemple si les artères sont trop étroites ou très calcifiées, une voie alternative telle que la voie sous-clavière peut être discutée.

Critères HAS pour les centres réalisant des TAVIs — Découvrez les critères officiels d’éligibilité des centres implantant des TAVIs, fondés sur l’activité et les actes réalisés.

  1. Préparation : les examens sanguins, l’imagerie, la vérification des médicaments et la consultation d’anesthésie sécurisent le parcours.
  2. Accès vasculaire : le cathéter est introduit par l’artère choisie, fréquemment sous anesthésie locale avec sédation.
  3. Positionnement : sous contrôle radiologique et échographique, la valve biologique est amenée jusqu’à la valve aortique malade.
  4. Déploiement : la prothèse est libérée et s’ancre dans la valve calcifiée, qui sert de support.
  5. Surveillance : le rythme cardiaque, le fonctionnement de la nouvelle valve et le point de ponction sont contrôlés après l’intervention.

La procédure peut durer environ 30 à 45 minutes. Le temps passé dans le service comprend toutefois la préparation, la surveillance et l’adaptation du traitement. Une anesthésie générale peut être retenue lorsque la voie d’abord ou la situation clinique le justifie.

Bénéfices attendus, risques possibles et retour à domicile

Chez un patient bien sélectionné, le remplacement de la valve vise à réduire l’essoufflement, les malaises et la limitation à l’effort. Beaucoup de personnes retrouvent une meilleure capacité à marcher et à réaliser les gestes du quotidien. Leur qualité de vie peut aussi s’améliorer. L’absence d’ouverture thoracique favorise souvent une récupération plus simple qu’après une chirurgie, avec une hospitalisation de quelques jours selon l’état initial et l’évolution.

Des complications connues et surveillées

Le TAVI reste une intervention cardiaque majeure. Les complications possibles comprennent les problèmes vasculaires au point d’accès, un saignement, un accident vasculaire cérébral, une fuite autour de la prothèse, ainsi que des troubles du rythme ou de la conduction pouvant parfois nécessiter la pose d’un pacemaker. Le risque varie d’une personne à l’autre. Il dépend notamment de l’anatomie, des calcifications, de la fonction rénale et des antécédents cardiovasculaires.

Après l’implantation, le traitement antithrombotique n’est pas identique pour tous. Il dépend notamment de la présence d’une fibrillation atriale, d’un stent coronaire ou d’une autre indication aux anticoagulants. Il ne faut donc ni arrêter ni ajouter un médicament de sa propre initiative. L’ordonnance de sortie précise la stratégie adaptée.

Choisir un centre expert et organiser le suivi

Un TAVI se réalise dans un établissement disposant d’un plateau technique de cardiologie interventionnelle et d’une organisation capable de répondre rapidement à une complication. L’accès à la chirurgie cardiaque, à l’imagerie spécialisée et, si nécessaire, à l’ECMO fait partie des garanties recherchées. L’expérience du centre et la coordination entre les disciplines renforcent la sécurité du parcours.

Le suivi se poursuit après la sortie. Des consultations cardiologiques et des échocardiographies vérifient le fonctionnement de la bioprothèse, l’évolution des symptômes et la tolérance des traitements. Le registre FRANCE-TAVI contribue au suivi des implants et des résultats à long terme. En cas de réapparition d’un essoufflement, de palpitations, de fièvre, de malaise ou de douleur thoracique, il faut contacter rapidement l’équipe soignante ou les urgences selon la gravité des signes.

Maëlys de Larozière
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